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On peut recourir à l’étymologie. Ainsi, on voit que « Philosophie » est un décalque du mot grec « philosophia », qui lui-même se décompose en deux mots :

  • Philo : du verbe phileïn, « aimer », qui est en relation avec philos, l’ami, et philia, l’amitié.
  • Sophia, qui a donné le prénom Sophie, et qui signifie « sagesse ».

On peut donc s’apercevoir que le mot philosophie signifie l’amitié pour la sagesse, la recherche de la sagesse.

 

Mais qu’est-ce que la sagesse ?

 

On peut définir la sagesse comme étant la capacité a faire les bons choix, à savoir discerner ce qui est vraiment important et ce qui ne l’est pas.

 

 

Un homme sage serait celui qui saurait l’essentiel : comment vivre au mieux sa vie.

L’homme appelle sa propre espèce « homo sapiens » : l’homme sage. Sans doute parce que l’homme (du latin humus : terre) est l’animal qui peut réfléchir sur sa vie et qui peut, dans certaines limites, choisir la manière dont il peut vivre sa vie. L’homme sait qu’il est mortel. Il sait donc qu’il ne sera pas toujours là et qu’il n’a pas toujours été là. Il y a donc une interrogation humaine sur le sens de cette vie qui aurait pu ne pas être et qui bientôt ne sera plus.

D’où les grandes questions, que l’on appelle non sans raison « existentielles », puisqu’elles concernent en effet l’existence, c’est-à-dire la manière de vivre, le sens que l’on peut trouver, ou donner, à sa vie.

D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?

De ces questions, on peut remarquer qu’elles se concentrent toutes dans une seule :

 Que sommes-nous ?

En effet, savoir ce que l’on est nous donnerait en même temps la réponse à la question de notre origine et celle à la question de notre destinée. Aussi bien, la sentence célèbre qui était inscrite sur le temple d’Apollon à Delphes résume cette interrogation et nous commande de la relever : « Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’Univers et les dieux. »

 

 

 

 

 

delphes temple Apollon 1

 

Le philosophe Kant définissait la philosophie ainsi : « la science du rapport de toute connaissance et de tout usage de la raison à la fin ultime de la raison humaine ».


Quelle est la fin ultime de la raison humaine ? Y a-t-il d’ailleurs une telle fin ? L’homme tente de savoir beaucoup de choses, tantôt pour accroître son confort matériel, tantôt pour satisfaire sa curiosité. Mais il y a une curiosité qui n’est pas seulement « intellectuelle », mais qui concerne le sens même de la vie. Cette vie a-t-elle une finalité qui lui soit propre, qui serait en quelque sorte inscrite dans son essence, ou ne peut-elle être que le résultat d’un choix humain ? Dans tous les cas, l’être humain est l’être qui se questionne sur son être, qui ne peut se contenter de vivre, mais qui se reconnaît ou se donne un sens.

 

Deux possibilités s’ouvrent devant l’homme :


Ou bien sa vie n’a pas de sens intrinsèque, elle n’est que le résultat d’un processus matériel qui n’a aucune « raison » d’être, mais qui est et a abouti, par hasard, ou par le jeu purement mécanique des transformations de la matière, à un univers constitué de telle sorte que la vie y apparaisse et évolue jusqu’à produire une espèce animale suffisamment intelligente pour s’interroger sur son origine et se préoccuper de la manière dont il faudrait qu’elle vive.  C’est l’hypothèse matérialiste, telle qu’on la trouve chez Epicure, Lucrèce, Diderot, Marx, et qui se retrouve aussi chez ceux qui identifient d’une certaine manière « Dieu » et le « monde », comme Spinoza…

 

 

 

Epicure.jpg Epicure, 3ème siècle avant Jésus Christ

 

Dans ce cas, la question se pose tout de même : si l’homme est simplement un animal plus intelligent que les autres, qui n’a aucune « destinée » particulière à assumer, comment faut-il qu’il vive ?  Non seulement le matérialisme doit fonder son propre principe (tout est matière) mais il doit tenter d’en tirer des conséquences sur la manière dont les individus doivent vivre.

 

Ou bien la vie a un sens intrinsèque, elle prend sa véritable origine non dans les transformations de la matière, mais dans un projet divin. Dieu aurait créé le monde ou aurait créé les conditions qui ont abouti à la formation d’un Univers ordonné, de telle manière que les lois naturelles aboutissent à l’apparition de l’être humain. Dans ce cas-là, la tâche philosophique est également de fonder cette affirmation fondamentale, et de savoir quelles sont les intentions de ce Dieu à propos de l’homme.  Les penseurs affirmant d’une manière ou d’une autre la réalité d’un principe divin sont nombreux, mais ils divergent sur la nature exacte de ce principe et sur la manière dont on peut comprendre ses éventuelles intentions. On signalera Socrate, Platon, Aristote, Descartes, Pascal, Hegel...

 

 

 

 

Descartes.jpg            Descartes, 1596-1650.

 

 

 

 

Dans les deux cas, on voit que la philosophie se trouve confrontée à la religion.

Les religions ont existé avant l’apparition de la philosophie. Celle-ci se démarque de la religion en prenant comme instrument fondamental non pas la foi, en des révélations ou en sa propre inspiration, mais bien plutôt la raison et l’expérience. D’où les rapports souvent tendus entre la philosophie et la religion. Certains philosophes vont voir dans les religions un phénomène purement humain, qu’il faut considérer avec beaucoup de méfiance, alors que d’autres y verront une approche par des voies plus sentimentales ou symboliques de vérités que la raison peut établir par ses propres moyens.

 

Enfin, une troisième voie s’ouvre comme manière de considérer l’existence humaine, c’est celle d’un agnosticisme plus ou moins radical. Certains philosophes et penseurs, et ce depuis la plus haute antiquité, ont douté que l’on puise établir avec certitude des réponses fondées sur des raisonnements aux questions les plus fondamentales. Ce qui ne signifie pas pour autant que l’on ne puisse par préférer certains principes à d’autres, et qu’une interrogation philosophique sur le sens de la vie soit superflue. On peut situer dans ce courant des penseurs comme Protagoras, Sextus Empiricus, Hume,

 

David_Hume.jpg   David Hume, 1711-1796

 

et même Kant puisqu’il réfute la possibilité qu’aurait la raison de répondre par des connaissances aux questions dernières.

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